Conseil International du Forum Social Mondial

Introduction au débat du 2 avril 2008
L’état du débat

Pourquoi organiser une discussion plus formelle maintenant ? Les débats sont présents depuis le début du FSM. Le CI décide d’un débat stratégique dans les deux derniers CI en 2007, ceux de Berlin et Bélém. Il y a des questions nouvelles ; il faut tenir compte du contexte socio-politique et de l’évolution des mouvements ; les stratégies des composantes du mouvement changent.

L’organisation du débat. Depuis la création de la commission stratégie, plus de cent contributions ont été diffusées sur le site, certaines antérieures à Bélém. Certaines sont individuelles, d’autres ont été collectivement présentées. Nous sommes à une étape. Les questions vont être renvoyées aux composantes du FSM et à ceux qui s’y intéressent. Certaines questions et réflexions alimenteront des débats de fond dans la durée. D’autres concernent les prochaines échéances du FSM et, après consultation, donneront lieu à des décisions au prochain CI ou à celui d’après.

Le débat a été organisé en cinq parties : L’appréciation du contexte socio-politique ; l’évolution des mouvements qui sont à la base du FSM ; le débat actuel entre espace ouvert et promotion des actions ; l’avenir du FSM ; les prochaines échéances et l’organisation des prochains événements. Ces questions sont évidemment liées, leur partition correspond à une lecture des contributions en fonction de la mise en évidence des questions en débat.

Le contexte géopolitique

L’appréciation du contexte est construite à travers la lecture qu’en font les mouvements qui sont à la base du FSM et en fonction des conséquences possibles pour les mouvements et pour le FSM.

Quelle rupture et quelle continuité. Sommes-nous dans un contexte différent de 2000/2001 ? Plusieurs positions insistent sur les suites du 11 septembre et le passage à un néolibéralisme de guerre, encore plus agressif, plus oppresseur, plus exploiteur. Deux dimensions sont mises en avant, l’évolution du système économique mondial et la militarisation de la stratégie politique.

L’évolution du système économique mondial met l’accent sur la crise financière. Ce n’est pas la première crise financière (Mexique, Brésil, Inde, Argentine, etc.) mais celle-ci semble structurellement plus grave. La comparaison avec la crise de 1929 est fréquente. L’impact sur l’économie réelle est visible et risque de s’approfondir. Les changements dans le système capitaliste peuvent être très rapides et inattendus. La crise de la dette entre dans une nouvelle phase. La question du pouvoir d’achat et l’évolution des prix devient préoccupante dans tous les pays. La croissance va de pair avec la précarisation, la remise en cause des régimes sociaux là où ils avaient progressé dans la période précédente. Les inégalités, les discriminations et la grande pauvreté se développent malgré l’expansion rapide des pays émergents. Comment apprécier cette évolution et ses conséquences pour les couches populaires et les mouvements sociaux. Les institutions responsables de la régulation du système économique international, FMI, BM, OMC, sont en crise. Les nouveaux accords économiques bilatéraux remplacent le multilatéralisme. La crise du capitalisme ouvre-t-elle une fenêtre d’opportunité pour les mouvements.

La crise de l’hégémonie des Etats-Unis? est entrée dans une nouvelle phase. L’agressivité des Etats-Unis? a augmenté, mais leur tentative d’expansion a échoué. Le Moyen-Orient? est au centre de la crise militaire (Afghanistan, Irak, Israël, etc.) La fuite en avant dans la guerre s’accentue, la déstabilisation est une des manières de conserver le contrôle. Le fondamentalisme des Etats-Unis? incarné par l’administration Bush a accentué la montée des fondamentalismes, des nationalismes exacerbés et des sectarismes. Le rôle des militaires alliés des Etats-Unis? redevient très important. Les droits fondamentaux sont gravement compromis et sont cantonnés aux discours ; la torture est banalisée, les droits des femmes sont remis en cause, y compris en Europe, les politiques sécuritaires sont déterminantes. La question des libertés et des luttes contre la guerre deviennent fondamentales pour tous les mouvements.

La prise de conscience de la crise écologique a progressé. Mais cette prise de conscience n’a pas atteint la remise en cause du rôle des multinationales ni celle du modèle de production et de consommation dominant. On ne peut pas écarter des propositions de sortie à la crise écologique par la guerre et des politiques autoritaires. Les mouvements à la nase des FSM ont la lourde responsabilité de lier la question écologique à la question sociale et de mettre en évidence leurs conséquences sur les guerres et les libertés. L’arme alimentaire renforce la guerre pour le contrôle énergétique.

Les représentations géopolitiques changent. L’apparition d’un pôle émergent (Chine, Brésil, Inde) remet en perspective la centralité occidentale. La bataille idéologique, baptisée guerre des civilisations, construit l’islamophobie. L’Europe? accentue un contrôle de nature coloniale dans sa zone d’influence et mène une véritable guerre aux migrants. La concurrence entre l’Europe et les Etats-Unis? peut s’accentuer. La concurrence entre les leaders régionaux relance la discussion sur le nucléaire militaire. Les grandes régions réagissent différemment à la crise de l’hégémonie des Etats-Unis? ; par la concurrence commerciale en Asie, par la résistance armée à la guerre pour les matières premières énergétiques au Moyen-Orient?, par la déstabilisation en Afrique, par des gouvernements se revendiquant des mouvements civiques en Amérique Latine. Pour le processus du FSM, les forums continentaux et régionaux prennent une importance stratégique renforcée.

Il s’agit de questions qui pourront faire l’objet de débats ouverts, dans le FSM et à l’extérieur. Dans le cadre du FSM, nous devons mettre l’accent sur les conséquences pour les couches populaires, les mouvements sociaux et citoyens et les FSM.

La situation des mouvements

Ce mouvement prolonge et renouvelle des mouvements historiques de longue période, et particulièrement les grandes luttes syndicales du 20ème siècle, la décolonisation, les mouvements paysans, le mouvement pour les libertés et la démocratie dont une des expressions a été celle des années 68 dans le monde, le mouvement féministe. Ce mouvement a aussi des sources plus récentes, le zapatisme, les luttes contre le FMI et la dette dans le Sud dès les années 80, la jeunesse radicalisée (traitée de globalophobique) contre le G8, le FMI et l’OMC dans les années 90.

Dans les années 90, des réseaux, des coalitions sectorielles construisent des nouvelles alliances, par exemple en Amazonie, les paysans, les femmes et les indigènes. Des campagnes et des plate-formes se construisent à l’échelle mondiale en s’appuyant sur les contre-sommets internationaux que les Nations-Unies?, confrontées à la volonté de marginalisation du G8, ouvrent à la société civile. Ainsi des campagnes sur l’environnement après Rio en 92, des luttes féministes après Pékin en 95 ?, sur les droits après Vienne en 94 ?, sur l’habitat et la ville après Istanbul en 96 ?. Ainsi que les grandes campagnes sur la dette, la responsabilité sociale et environnementale des entreprises, les paradis fiscaux, la taxation financière internationale, la pauvreté et les mouvements comme l’économie sociale et solidaire, le commerce équitable, etc.

Le FSM donne une visibilité aux luttes sociales à l’échelle globale. Il est l’outil qui répond à une interrogation fondamentale des mouvements, la nécessité d’intervenir régulièrement et continuellement à l’échelle globale. Et aussi de lier les luttes locales et nationales entre elles, d’affirmer le nécessaire débouché à l’échelle des grandes régions et du monde par rapport au système économique et politique mondial. Le FSM dans ses formes met en évidence la diversité des contestations et leur nécessaire liaison. Le manque de visibilité, d’impact et d’efficacité n’est pas une constante du mouvement, il est à apprécier par rapport à la nouvelle période. De nombreux forums ont montré qu’une culture du travail entre mouvements différents a progressé et que la nécessité de donner leur place aux communautés défavorisées et discriminées trouve droit de cité, même si elle est très difficile à assumer dans la durée.

Le FSM a joué un rôle dans l’émergence d’une nouvelle culture politique. Les composantes de cette structure existaient dans des secteurs restreints ou étaient en gestation sur une base plus large. Les activités autogérées, la démocratie participative, l’horizontalité, le respect affirmé de la diversité en sont quelques uns des éléments. En les affirmant comme constituants de ses formes d’organisation, le FSM leur a affirmé que la question de la culture politique et des formes de pouvoir faisaient partie des questions stratégiques. Et que la liaison entre l’organisation interne et l’action externe, pour difficile qu’elle soit, faisait partie des impératifs. Il faut maintenant interroger ces constituants d’une culture politique par rapport à l’efficacité des luttes et par rapport aux contradictions nouvelles qu’elles soulèvent et aux difficultés d’une mise en œuvre de plus en plus exigeante. Cette culture politique a permis aussi de lever des tabous, de discuter de la paix au Cachemire au Forum de Karachi, des Sahraouis au Maroc, des minorités sexuelles à Nairobi, etc. de même l’affirmation d’un mouvement à la fois antibureaucratique et anticapitaliste en Russie. Mais, cette culture politique est confrontée à la culture dominante, l’individualisme et l’égoïsme « sacré », la sécurité et la peur de l’autre et de l’étranger.

Le mouvement social et citoyen et le FSM ont-ils eu des résultats ? Huit ans est une période assez courte pour en juger mais on peut avancer des hypothèses. Le mouvement a participé à la délégitimation du système financier international et des institutions internationales chargée de l’organiser. Il a permis dans certains cas de remettre en cause des offensives stratégiques, comme l’ALCA en Amérique Latine. Des gouvernements, très divers, qui se revendiquent des mouvements se sont imposés e,n Amérique Latine. De même des idées portées par le mouvement sont Aujourd’hui acceptées dans le débat international (la redistribution, les taxations, l’accès aux droits pour tous, etc.). Le mouvement a permis l’émergence d’une force mondiale mais n’a pas réussi à traiter de la question d’un pouvoir mondial. La question reste ouverte de savoir dans quelle mesure la crise du capitalisme, liée à des contradictions internes, est aussi liée aux actions des mouvements qui l’ont contestés.

La situation des mouvements sociaux et citoyens qui sont à la base du FSM est contradictoire. L’offensive très agressive après le 11 septembre a mis une partie des mouvements sur la défensive en déplaçant l’offensive vers la guerre et les libertés, notamment par la criminalisation des mouvements. Mais on ne peut pas parler d’un déclin des mouvements. Les luttes continuent dans toutes les régions du monde sur des thèmes et avec des formes qui changent. Il faut les apprécier et travailler sur les stratégies des mouvements qui les mènent. Apprécier l’évolution du mouvement à différents niveaux, local et national, et leurs répercussions continentales et mondiales. Analyser les thématiques, les mots d’ordre et les propositions portées par les mouvements. Le FSM peut jouer son rôle au service des mouvements en mettant en évidence les défis communs et en créant un espace des débats entre les stratégies des mouvements.

Le FSM est le résultat du mouvement. Il n’en est pas la conséquence automatique, sa chance est celle du mouvement. Il s’agit là aussi de lancer des débats ouverts. Ce qu’il nous faut mettre en évidence c’est le rapport entre le FSM et l‘évolution des mouvements sociaux et citoyens qui lui ont donné naissance.

Futur du Forum Social Mondial

Plusieurs questions sont posées pour le futur du mouvement ; elles ont été formalisées dans la synthétisation préparées par la commission stratégie

Le FSM doit concrétiser sa stratégie en tant qu’un espace ouvert au service des luttes, respecter sa diversité. Les défis doivent être définis à partir des mouvements qui participent au FSM. Le FSM doit clarifier ses objectifs et réfléchir à sa stratégie. Les débats sur les buts fondamentaux et les grandes orientations doit continuer dans le FSM qui doit accueillir les différents courants de pensée progressistes sans chercher à définir une pensée unique.

Le FSM doit chercher à se lier aux luttes à la base, donner la parole directement aux victimes. Il doit s’étendre à la solidarité avec les mouvements absents. Par exemple avec les organisations du monde arabe. Cette priorité doit marquer le travail d’expansion, d’auto-organisation. Le FSM doit encourager les forums thématiques et faciliter les thèmes communs dans le FSM. Une attention particulière doit être apportée aux discriminations et à la domination sexiste, y compris à l’intérieur du FSM et de ses instances

Le FSM peut, tout en restant un espace ouvert, oser se positionner politiquement dans le cadre des principes de la Charte. L’adhésion à la Charte doit être réaffirmée. Faut-il modifier en profondeur la Charte ? La discussion reste ouverte. Plusieurs demandes vont dans ce sens (féministes, écologistes), mais il n’y a pas d’accord. Le FSM doit être un lieu de politisation des mouvements, à travers leur rencontre. Plusieurs interventions mettent l’accent sur la nécessité de combiner radicalisation et innovations.

Le FSM doit préciser ses méthodes et ses structures, approfondir les réflexions méthodologiques, sur les méthodes de participation et sur les méthodes d’évaluation. Le FSM doit préciser ses structures. Plusieurs questions sont posées sur le CI, les commissions, la place de différentes instances. Faut-il formaliser le lien avec l’Assemblée des Mouvements Sociaux ? Le FSM doit procéder à une analyse critique des pensées dominantes dans le FSM au cours des huit dernières années en y incorporant la deuxième génération de critiques du système dominant.

Il faut concevoir le FSM comme un processus qui organise l’ensembles des Forums, régionaux, thématiques. Et imaginer ce processus avant et après chaque Forum ? Le processus peut concerner plusieurs événements et plusieurs instruments. Le FSM n’est pas un outil unique mais peut générer plusieurs instruments. Peut-on imaginer des programmes de long-terme de définition d’alternatives et d’actions menés par des coalitions. Le FSM peut construire un vaste réseau d’échanges d’informations, d’analyses et d’expériences entre ses membres et même construire une encyclopédie ouverte (de type wiki) de l’altermondialisme

Le FSM doit élargir sa réflexion aux rapports entre les sociétés civiles et les gouvernements. Réfléchir aux luttes réelles locales et nationales. Réfléchir à l’élargissement vers un mouvement mondial. Le FSM constitue un espace de débat et d’alliances. Plusieurs personnes ont insisté sur l’importance de penser les alliances avec les classes moyennes, d’une part à partir de leur précarisation par le néolibéralisme, d’autre part à partir de la question des sociétés répressives. De même des interrogations ont été avancés sur l’évolution des courants des différentes religions et sur la crainte de montée de conservatismes et de sectarismes. Quel examen des valeurs qui ont été éliminées par le néolibéralisme ? Et comment définir de nouvelles directions, par exemple sur la place stratégique de l’économie solidaire

La question de la lisibilité et de la visibilité est posée. Elle nécessite une réflexion sur l’identité du FSM. Notamment par rapport à Davos. Faut-il continuer à se définir par rapport à Davos ou par rapport au G8 ou indépendamment ?

La discussion sur l’avenir du FSM est dans sa première phase. Il s’agit ici d’une identification des questions soulevées qui devront être retravaillées, réorganisées, priorisées et rediscutées.

Espace et action

Il s’agit de savoir comment concilier la permanence d’un espace ouvert avec un soutien renforcé avec des capacités d’action. Ce débat est apparu, non pas comme un nouveau débat mais comme une question qui a pris une importance nouvelle. Cette question trouve sa place dans la discussion sur l’avenir du FSM. Elle est traitée en préalable compte tenu de la place qu’elle tient dans les débats actuels.

Comment définir le FSM ? Le FSM est-il un espace, un mouvement, un moment ou un processus. Plusieurs participants ont demandé que le CI précise la définition des termes que nous employons. Non pour définir des normes mais pour éviter les malentendus et savoir ce que chacun veut dire et comment surmonter la difficulté liée à la traduction en plusieurs langues de notions ou de concepts. Une des discussions porte par exemple sur la définition de mouvement. S’agit-il des mouvements sociaux, des mouvements citoyens ou civiques, de la convergence de mouvements ou d’un mouvement de mouvement. Faut-il parler de mouvements ou de société civile ? il n’est pas nécessaire d’arriver à une terminologie commune mais d’explorer ce que recouvrent ces appellations et leurs conséquences sur l’organisation du FSM.

La définition du FSM comme un espace met l’accent sur l’ouverture et la diversité et sur le refus de transformer le FSM en une organisation pérenne. C’est la diversité qui unit le FSM et non l’objectif d’unification des luttes. Dans les discussions du séminaire, cet aspect n’a pas été remis en cause. Personne n’a défendu l’idée d’une organisation permanente, qui connaîtrait vite des questions de représentativité et d’organisation de pouvoirs internes. C’est en cela aussi que cet espace est un moment de démocratie.

Le soutien renforcé à des actions n’est pas interdit par cette priorité. Un espace ouvert n’est pas un espace neutre. La Charte n’interdit pas de soutenir des actions ou de les promouvoir. La Charte précise dans son article 1 qu’il s’agit de se réunir pour agir. Par contre, la possibilité d’engager l’ensemble du Forum ne fait pas l’unanimité. Certains l’estiment contraire à la Charte qui prévoit que personne ne peut parler au nom de tous. Il s’agit d’une discussion en cours.

Pourtant, la possibilité existe de permettre des positionnements politiques et des propositions d’action à partir du FSM mais non pas au nom du FSM. Ainsi, l’exemple de la grande manifestation de février 2003, contre la première intervention en Irak, illustre cette proposition. Cette manifestation n’a pas été celle du FSM, elle a été celle de la société civile, des organisations des sociétés civiles. Elle a été pensé dans le FSM, elle l’a été à partir du FSM, mais non par le FSM ou en son nom.

Il est possible de faciliter dans le FSM l’émergence de positions politiques et de propositions coordonnées d’actions. Il s’agit d’affirmer cette possibilité et la possibilité de l ‘organiser. Tout en réaffirmant la nécessité pour tous d’être attentif à ne pas compromettre la diversité du FSM. Plusieurs propositions ont été avancées, celle de mettre en avant l’Assemblée des mouvements sociaux. C’est par exemple ce que fait le Forum social des Etats-Unis? en organisant de concert le Forum Régional et une Assemblée Régionale. Il est possible aussi de faciliter des regroupements, des « coopérations renforcées » sur des thèmes ou des campagnes qui pourraient être rejointes par tous ceux qui le souhaiteraient et qui décideraient ensemble de leur position et de leur action. Il est aussi possible que l’Assemblée des Mouvements sociaux organise des Assemblées plus ciblées (paysannes, pêcheurs, précaires, etc.). les coalitions peuvent aussi émerger dans l’organisation du 4ème jour.

La discussion doit être ouverte sur les thèmes d’actions communes qui pourraient être encouragés. Le FSM et le CI n’ont pas facilité assez au cours des quatre dernières années les possibilités d’action et de convergences. La recherche d’une convergence unique réduit la diversité, mais plusieurs convergences peuvent la renforcer. Des thèmes transversaux, comme la guerre, la crise financière, le néolibéralisme, etc. Ou alors des thématiques plus sectorielles, comme les migrations, ou l’eau. Il reste que les mobilisations ne se décrètent pas et qu’il s’agit d’être attentif aux mobilisations possibles et à celles qui peuvent porter le FSM et les mouvements.

Les prochains pas

Trois questions sont posées qui demandent des décisions dans le délai des deux prochains CI. Il s’agit de la mise en œuvre des principes de la Charte dans l’organisation des FSM, de la Journée Globale d’Action (JGA ou GDA en anglais), de la périodicité des prochaines échéances.

La mise en œuvre des principes de la Charte dans l’organisation des FSM. Un document a été préparé pour tenir compte des critiques relevées dans l’organisation des derniers FSM. Il met l’accent sur les critères de participation de ceux qui s’opposent au néolibéralisme et soulève la question de qui inviter, qui éviter et jusqu’où aller dans l’éviction. Il rappelle quelques règles sur les organisations militaires, les partis (qui méritent d’être précisés), les institutions mondiales (en acceptant quelques individualités pour des débats) et les mouvements qui pratiquent la violence (en posant la question de la réponse à la violence d’Etat). Il aborde ensuite l’égalité d’accès et les modes d’organisation et de consommation. Il avance des principes sur les localisations. Il introduit la question des financements (gouvernements, collectivités locales, sponsors, ONG). Il aborde ensuite les questions du Comité d’organisation et de la formation. Il s’agit de renforcer le processus en proposant une déclinaison de la Charte dans des situations concrètes. Il faudrait adopter après discussion cette forme de « Règlement intérieur ».

La Journée Globale d’Action (GDA) est la principale innovation du FSM depuis quelques années. Il s’agit en fait d’une semaine d’action. Le débat a été mené sur les avantages et les premières évaluations. La pérennisation de cette journée est acceptée par tous les participants. En précisant qu’il faut travailler pour savoir comment mieux l’organiser et la rendre plus visible. Deux questions sont posées. Faut-il la faire tous les ans, y compris en même temps que le FSM « normal » ou tous les deux ans en alternance ? La discussion reste ouverte, le plus grand nombre de participants est pour l’alternance. Faut-il la faire à la même date ou à une autre date ? Pas de réponse claire.

La périodicité et les formats des FSM sont à préciser. Faut-il organiser le FSM tous les ans, les deux ans ou les trois ans ? La position la plus fréquente était pour tous les deux ans. Faut-il une programmation commune (du point de vue des dates) des Forums Continentaux et Régionaux et des Forums thématiques ?